29.12.2005

Belgique : le Rapide en tête durant les fêtes

Alors que les douze autres équipes de l'élite ont rangé leurs crampons, Zuid-West et le Rapide Wezemaal ont encore foulé la pelouse en match avancé de la 15ème journée.

La 15ème journée est programmée au 7 janvier 2006, mais Zuid-West accueillait le Rapide en match avancé.
Quatrièmes au classement général, les Flandriennes peuvent se montrer intraîtables à domicile, mais ce sont cependant bel et bien les championnes en titre qui ont tiré leur épingle du jeu en s'imposant finalement sur le score de 1-3.
Grâce à cette victoire, les filles du Rapide prennent provisoirement la tête de la compétition avec une rencontre de plus à leur compteur devant Anderlecht et le Standard Fémina. Voilà donc les championnes en titre dotées d'un avantage moral pour passer sereinement les fêtes de fin d'année.

Match avancé de la 15ème journée
Zuid-West - Rapide Wezemaal 1-3

15ème journée - 07/01
Tirlemont - Beerse
Zuid-West - Rapide Wezemaal 1-3
Vlimmeren Sport - Zultse
WS Woluwe - Anderlecht
Eendracht Alost - Sinaai Girls
Ostende - Standard Fémina
FC Kaart - Oud-Heverlee

25.12.2005

Turbine Potsdam : prochain objectif

Traditionnellement, chaque année, et cela depuis 1997, en janvier, le Turbine participe à deux tournois en salle. L'équipe se présentera en janvier 2006 comme la tenante du titre dans chacun des deux tournois. A côté de l'Oddset-Cup aura lieu le 14 et le 15 janvier le 27ème tournoi international de football féminin en salle du TuS Jöllenbeck, associé à la Sparkasse Bielefeld. Les filles du Turbine se l'étaient approprié, en 2005, pour la deuxième fois, grâce à une victoire 5-1 contre les Norvégiennes du Kolbotn IL.

Cette année, les filles de Bernd Schröder devront se battre contre trois champions européens. Ont en effet confirmé leur venue, les championnes de Finlande du HJK Helsinki, les tchèques du AC Sparta Praha et le KS AZS Wroclaw, champion de Pologne en titre. Seront également présentes à Jöllenbeck, le club leader au Danemark, le Fortuna Hjørring, le FCR 2001 Duisburg et le SC 07 Bad Neuenahr (en qualité de clubs régionnaux) ainsi que le FC Gütersloh 2000.

Comme d'habitude, les rencontres auront lieu dans le gymnase de la Realschule de Bielefeld-Jöllenbeck, pouvant accueilllir 2000 spectateurs. Ceux qui souhaitent acheter leurs billets à l'avance (ceux sont alors moins chers) doivent s'adresser à markus.baumann@tus-joellenbeck.de. Il sera néanmoins possible d'en acheter sur place, le pass pour l'ensemble du tournoi coûte 12 €, celui pour la journée 8 € et enfin 5 € pour n'assister qu'à certains matchs du tournoi.

Pour plus d'informations à propos de ce tournoi, vous pouvez visiter le site du club organisateur, www.tus-joellenbeck.de et aller sous Fussball >> Frauenturnier.

Pour vous donner un avant-goût de ce que ce tournoi peut être, je vous ais créé un album regroupant quelques photos du tournoi de l'an dernier où s'affrontaient le Kolbotn IL, le SK Trondheim-Ørn, Brøndby, le Turbine Potsdam, le HSV, le SC 07 Bad Neuenahr, le FFC Heike Rheine et le FC Gütersloh 2000... 

23.12.2005

Joueuse de l'année : Prinz reste la meilleure

Marta et Shannon Boxx ont fini derrière Birgit Prinz pour le titre de Joueuse Mondiale de la FIFA. Elles étaient cependant heureuses de fêter leur excellente année 2005.

Pour la deuxième année consécutive, la star brésilienne a fini derrière Birgit Prinz mais l'année 2005 lui aura apporté beaucoup de choses, même si elle n'a pu jouer aussi souvent qu'elle le souhaitait pour son équipe nationale, son club a remporté le championnat de Suède et est qualifié pour la Coupe de l'UEFA féminine l'an prochain. En ce qui concerne son avenir, il passera en 2006 par le championnat des moins de 20 ans où elle aura à nouveau l'occasion de montrer tout son potentiel et bien sûr en 2007 pour la Coupe du Monde en Chine.

L'Américaine Shannon Boxx, troisième, était elle aussi comblée. Après avoir remporté le Tournoi Olympique, elle rêve aujourd'hui de couronne mondiale. Elle a de plus affirmé : "Je suis très heureuse d'être ici. C'était clair que Birgit allait gagner. C'est un énorme aboutissement pour elle. Ça fait 11 ans qu'elle est en équipe nationale. Elle est à l'Allemagne ce que Mia Hamm est aux Etats-Unis. Ça serait énorme si elle pouvait promouvoir le football féminin. En remportant ce titre pour la troisième fois, elle s'est vraiment fait un nom. Les gens vont être attirés par elle, son équipe et le football féminin en général."
Nous souhaitons bien évidemment tous la même chose !


Ces trois joueuses ont donné une conférence de presse avant la cérémonie, dans laquelle elles ont évoqué pêle-mêle l'évolution du football féminin, leurs objectifs respectifs, la situation de la femme... Voici les meilleurs passages selectionnés par FIFA.com.

Shannon Boxx
Je suis très heureuse d'être parmi les trois meilleures joueuses du monde, jamais je ne m'y serais attendue. Cependant je ne me compare pas à Mia Hamm, qui était une légende. Si je gagnais, je serais très flattée, ce serait la reconnaissance de tout le travail accompli. Je me suis mise un peu tardivement au football, du coup je compte bien continuer encore longtemps avec l'équipe nationale !

Le football féminin a beaucoup progressé depuis quelques années, y compris en terme de reconnaissance médiatique. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Mon objectif est avant tout de trouver un club pour l'année prochaine et ce n'est pas si facile ! Mon expérience à Sarrebruck il y a quelques années m'a beaucoup servi. J'étais jeune, j'ai du apprendre l'Allemand, cela m'a forgé. Mais surtout, évoluer aux côtés de grandes joueuses m'a tiré vers le haut, cela m'a montré le chemin qu'il me restait à parcourir.

Marta
Même si le football marche très bien pour moi en ce moment, ma vie n'est pas si facile. Etre là cette année encore me procure beaucoup d'émotions. Etre reconnue par le monde du football, c'est quelque chose. Il va m'être difficile de ne pas encore pleuré cette année (rires) !

J'ai la chance d'évoluer dans un club européen, où la situation du football féminin est bien meilleure qu'au Brésil. Il y a tellement de difficultés là-bas, il faut franchir tant d'obstacles. Les soucis sont financiers et structurels. On ne peut pas jouer toute l'année, nous ne sommes pas aidés, bref il manque cruellement d'infrastructures.

Créer une ligue brésilienne est en effet un de mes objectifs. J'ai bon espoir d'y parvenir, mais il y a des résistances. La Fédération brésilienne nous soutient, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Or pour réussir, il faut l'aide de tous, on ne peut pas gagner tout seul. Je viens d'un milieu pauvre. Je ne me bats pas uniquement pour moi, mais pour le football féminin brésilien. Nous avons un grand potentiel, nous sommes désormais cinq ou six à évoluer en Europe, mais nous manquons de soutien pour que le football féminin explose vraiment au Brésil.

Birgit Prinz
Gagner ce trophée n'est pas un objectif en soi, cependant c'est important. Je ne me suis jamais défini en fonction des récompenses ou des titres. Alors oui, le seul titre que je n'ai pas encore obtenu, c'est celui de championne olympique, tout simplement parce que jusque là, nous avons toujours rencontré des équipes plus fortes. Je vieillis, mais il me reste encore quelques occasions à saisir pour pallier ce manque !

Mon expérience en Afghanistan a été très enrichissante. Aller là bas, voir cette école, comment vivent les gens, c'était très émouvant. Ils ont des vies très dures. Et c'est très gratifiant de pouvoir contribuer à les aider, de leur permettre de s'ouvrir sur le monde. La situation des femmes étaient dramatique sous les talibans. Cela s'est un peu amélioré, mais une femme qui veut jouer au football là-bas ne peut toujours pas le faire en public.

Le football féminin connaît une progression constante. La Coupe du Monde 2003 a notamment permis d'attirer positivement l'attention sur notre sport. En Europe, nous avons de bons championnats maintenant, mais il faut que cela se développe encore : qu'il y ait plus de clubs, que la base soit plus large pour que le niveau s'élève et que les médias s'intéressent encore plus à nous.

Trois brésiliennes à la conquête de l'Europe

Quel bon vent peut bien amener une médaillée d'argent olympique du côté de Neulengbach, une localité autrichienne de 7 000 âmes ? Une question qu'ont dû se poser de nombreux observateurs en voyant l'internationale brésilienne Rosana Dos Santos Augusto, appelée Rosana, fouler pour la première fois, en septembre 2004, le sol autrichien - à quelques 10 000 kilomètres de son pays natal. La réponse passe par Bruno Mangl, aux commandes du SV Neulengbach, équipe plusieurs fois championne d'Autriche d'affilée, qui est à l'origine de la présence en Autriche du milieu de terrain brésilien.
"L'idée m'est venue toute seule. Je voulais tout simplement voir jouer une footballeuse de classe internationale un jour en Autriche. Je suis allé assister en 2003 à certains matches de la Coupe du Monde de football féminin aux Etats-Unis. Avant même de partir, l'entraîneuse adjointe de l'époque avait attiré mon attention sur Rosana. J'avais simplement envie de faire bouger un peu les choses dans le football féminin autrichien, ce que j'ai plutôt bien réussi, me semble-t-il", déclare Mangl.
Différents moyens de communication, à savoir courrier électronique, lettre et de nombreux appels téléphoniques, ont permis de prendre contact avec la joueuse et, dès avril 2004, le contrat était signé. A l'époque, personne encore ne pouvait entrevoir le succès retentissant des Brésiliennes à Athènes 2004, où les joueuses de la Seleção n'ont abdiqué en finale contre les Etats-Unis qu'à l'issue de la prolongation (1:2).
Voilà comment, depuis une bonne année, les joueuses de Neulengbach comptent dans leurs rangs une médaillée olympique d'envergure mondiale, rapidement devenue une star locale. En 2005, la jeune femme de 23 ans a été élue joueuse de l'année en Autriche. La période initiale d'acclimatation n'a pas été une sinécure pour Rosana : "Au début, c'était en effet un peu difficile, notamment parce que je n'ai guère été chez moi en 2004. J'étais sans cesse en stage de préparation des Jeux Olympiques, puis le tournoi olympique est arrivé et, dans la foulée, j'ai débarqué en Autriche. Je n'ai donc pas pu passer plus de quatre semaines dans ma famille sur toute l'année. Mais maintenant, je suis vraiment heureuse d'avoir pris la décision de venir à Neulengbach", affirme Rosana à FIFA.com.
La femme au visage parsemé de taches de rousseur est très appréciée de ses coéquipières. "C'est une joueuse de dimension internationale, toujours fair-play et nous ne pouvons qu'apprendre à ses côtés. Malheureusement, nous ne parviendrons jamais en Autriche à atteindre ce qu'elle a réalisé avec le Brésil. C'est malgré tout super pour nous qu'une telle joueuse évolue chez nous", déclare Maria Gstöttner, meneuse de jeu de Neulengbach, quintuple meilleure buteuse d'affilée en Autriche entre 2001 et 2005.
Rosana est désormais parfaitement intégrée dans la vie du club, où, en compagnie de son amie et compatriote Liese, elle entraîne de temps en temps la relève composée de jeunes filles et garçons âgés de 8 à 10 ans. De plus, elle parle à présent très bien allemand, grâce aux cours particuliers prodigués par une enseignante d'allemand à la retraite. Dans ce contexte, il n'y a rien d'étonnant à la prolongation du contrat de Rosana d'un an, jusqu'en septembre 2006. Mangl espère même que Rosana jouera encore quelques années à Neulengbach. "Elle aimerait rester trois ou quatre ans de plus en Autriche, m'a-t-elle toujours dit."
L'entraîneuse Olga Hutter se réjouit également de bénéficier d'un tel renfort de qualité au sein de l'équipe : "Rosana, exceptionnellement douée techniquement, est rapide et très polyvalente. Elle a un jeu de tête remarquable, a parfois tendance - caractéristique brésilienne - à monopoliser un peu le ballon. C'est non seulement une footballeuse formidable, mais également une joueuse bourrée de qualités humaines. Elle est aimable, serviable et a le sens de l'humour. Rosana est non seulement un grand apport, un modèle pour notre équipe, mais aussi pour tout le football féminin autrichien."

Marta : une Coupe UEFA et un titre de meilleure buteuse en poche
C'est aussi un peu un coup du destin si Marta a été la première des trois joueuses brésiliennes à débarquer début 2004 en Europe, à Umeå, dans le grand nord suédois. Deux événements lui ont en effet ouvert la voie de l'eldorado du football féminin scandinave : premièrement, l'effondrement de la ligue professionnelle américaine WUSA juste avant la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003 et, deuxièmement, une rupture des ligaments croisés de l'attaquante d'Umeå, Hanna Ljungberg, début 2004, imposant au club suédois de prendre ses dispositions.
Ainsi est née une "success story" toujours d'actualité. Pas plus tard qu'en 2004, Marta a gagné la Coupe UEFA avec Umeå IK. En 2005, elle a une nouvelle fois remporté avec son club le championnat, après deux années infructueuses. En inscrivant la bagatelle de 21 buts en 22 matches, elle a été la grande artisane de cette réussite, en terminant même meilleure buteuse de la ligue suédoise de football féminin Damallsvenskan.
Marta n'a pas rencontré de grosses difficultés d'acclimatation, malgré sa réaction initiale d'étonnement : "Comment peut-on jouer au football ici avec toute cette neige ?" Elle s'est rapidement adaptée aux conditions climatiques. "Umeå est certes l'une des villes les plus froides d'un pays où il fait déjà froid, mais je suis ici dans de bonnes conditions pour jouer au football et c'est là la priorité absolue", affirme Marta. Du haut de ses 1,69 m, la joueuse d'exception a rapidement appris la langue suédoise. Sa famille d'accueil a également fait le maximum pour permettre à la Brésilienne du nord de son pays de s'habituer à son nouvel environnement. Autre avantage, elle connaissait déjà certaines des joueuses d'Umeå depuis la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003. Marta baigne toujours dans le bien-être. "La vie ici est tranquille et je me sens en sécurité. La meilleure chose est l'esprit de cohésion au sein de l'équipe. C'est vrai qu'il fait froid ici, mais les avantages l'emportent sur les inconvénients."
Pendant ses loisirs, elle aime flâner dans les rues d'Umeå ou aller prendre un café avec ses coéquipières. Marta vient également de prolonger son contrat, au plus grand plaisir des supporters de football féminin suédois, qui auront droit à une année supplémentaire de football de rêve. Ce n'est pas une surprise si sa cote de popularité atteint des sommets en Suède. Marta dit elle-même : "Je pense que cela tient au fait que les gens veulent et aiment voir du beau football. C'est ce que j'essaie de produire sur la pelouse. J'essaie en outre de me mettre au service de l'équipe, je crois que les gens apprécient cela."

Des débuts difficiles pour Cristiane
Cristiane Rozeira de Souza Silva, dit Cristiane, a été surprise, début 2005, de passer de l'été brésilien à l'hiver allemand, à la suite de son engagement sous les couleurs de Turbine Potsdam. "J'aime la neige, malgré le froid qui va avec. Je n'avais encore jamais vu pareille chose", déclarait à ce moment-là la jeune femme, enthousiaste. La joueuse brésilienne, médaillée d'argent l'année passée aux Jeux Olympiques d'Athènes avec la Seleção, a eu besoin d'une période d'adaptation, en particulier sur le plan sportif.
Souvent remplaçante au cours des premiers mois, elle faisait de timides apparitions en fin de rencontre. Mais la meilleure buteuse du tournoi olympique est rapidement devenue l'idole du public grâce à la vivacité extraordinaire de son jeu.
"Il a fallu que je m'habitue à une nouvelle façon de jouer, à une nouvelle culture et, au tout début aussi, aux basses températures", avoue Cristiane. Elle a même songé jeter l'éponge. "J'ai souvent pensé mettre un terme à l'aventure ici pour retourner au Brésil", ajoute la joueuse étrangère. Loin de ses parents et de ses deux frères et sœurs à Osasco, près de São Paulo, Cristiane s'est cependant armée de courage pour rejeter aujourd'hui toute idée de démission. "Je remercie beaucoup les supporters de m'avoir soutenue de manière aussi remarquable", déclare-t-elle.

21.12.2005

Potsdam en maître à l'heure de la trève

Potsdam et le FFC Frankfurt ont tout deux gagné leurs match de ce week-end. Le Turbine a tranquillement battu Rheine 5 buts à 1 tandis que Frankfurt a fait un carton contre le Hamburger SV s'imposant 9-0.
Potsdam est donc maintenant leader de la Bundesliga. Rien n'est cependant joué pour le début d'année prochaine car Frankfurt ne se tient qu'à un seul point de l'équipe de Bernd Schröder et cela malgré un match de retard.
Notons lors de cette victoire de Frankfurt le triplé de Sandra Smisek devant 860 spectateurs entre la 52ème et la 66ème minute. Birgit Prinz a également trouvé le chemin des filets deux fois et se classe ainsi à la troisième position du classement des buteuses en compagnie de trois autres joueuses. A la première place se trouve toujours Inka Grings avec 19 réalisations. Les filles de Duisburg sont elles à la deuxième place du classement avec un point de retard mais deux matchs d'avance sur Frankfurt.

1. FFC Turbine Potsdam - 1. FFC Heike Rheine : 5-1
(Kerschowski 21' ; Omilade 38' ; Zietz 60' ; Pohlers 60' et Podvorica 80' pour Potsdam et Reinicke 82' pour Rheine)
Karl-Liebknecht-Stadion, Potsdam ; 430 spectateurs

1. 1.FFC Turbine Potsdam 9 44:4 23
2. FCR Duisburg 2001 10 45:6 22
3. 1.FFC Frankfurt 8 43:8 22
4. SC 07 Bad Neuenahr 11 31:27 19
5. Hamburger SV 10 18:16 19
6. SG Essen-Schönebeck 11 21:24 17
7. SC Freiburg 10 22:24 12
8. FC Bayern München 10 12:23 11
9. FFC Brauweiler Pulheim 10 14:25 9
10. FFC Heike Rheine 10 15:27 8
11. VfL Sindelfingen 11 5:42 4
12. FSV Frankfurt 10 3:47 1
  

20.12.2005

13ème journée de D1: résultats

OL - Saint-Memmie : 4-0
Les joueuses de St Memmie sont venues à Gerland chercher quelques points (2 auraient suffit) pour quitter le siège inconfortable de lanterne rouge. Mais à la veille de Noël, les lyonnaises n'auront fait aucun cadeau devant leur public de la plaine des jeux de Gerland. En deuxième mi-temps, Sandrine Dusang (photo) fait son retour sur la pelouse après 7 semaines de rééducation. Elle inscrit d'emblée le premier but de la rencontre et fera par la suite les trois passes décisives à Sandrine Brétigny. Score final 4-0.
C'est la troisième fois cette saison que St Memmie s'incline sur un score de 4-0, et a déjà 2 fois terminé une rencontre à 5-0.
Un résultat important par contre pour les lyonnaises avant la trêve, pour le moral d'abord, et pour les points ensuite. L'OL s'accroche à sa place de dauphin. Les joueuses de Farid Benstiti ont démontré cette saison de la qualité technique, de la motivation et de l'ambition. Pour cette jeune équipe, qui a tardé à prendre ses marques collectivement, le titre ne serait pas si loin avec à peine plus de réussite.

Autres résultats :
Montpellier - La Roche sur Yon : 2-1
(Virginie FAISANDIER 43' ; Elodie RAMOS 62' pour Montpellier et Alexandra REY 56' pour la Roche)
Juvisy - PSG : 5-0
(Marinette PICHON 22' 65' 75' ; Peggy PROVOST 69' et Sandrine SOUBEYRAND 78' sur penalty pour Juvisy)
Toulouse - CNFE : 1-2
(Gaëlle MAUGEAIS 67' pour Toulouse et Morgane COURTEILLE 55' ; Louisa NECIB 76' pour le CNFE)

19.12.2005

Gala, demandez le programme !

Qui de Birgit Prinz, Marta et Shannon Boxx sera couronnée reine par la FIFA ce soir ?
Le monde du football féminin se cherche encore une héroïne capable de concurrencer l'inimitable Mia Hamm depuis que celle-ci a raccroché en 2004, au grand regret de tous. Cela dit, celle qui a inscrit le plus de buts au monde, foots masculin et féminin confondus, n'a pas coupé les ponts avec le ballon rond. Elle a ainsi accordé une interview à FIFA.com pour évoquer le prochain avènement de la Joueuse Mondiale de la FIFA 2005.
Ambassadrice de la FIFA pour le football féminin et élue par deux fois malgré la menace de l'Allemande Birgit Prinz, Mia n'a rien perdu de son humilité à la veille de la cérémonie du 19 décembre...

Vous qui avez été récompensée à deux reprises, comment considérez-vous le titre de Joueuse Mondiale de la FIFA ?
Cette récompense revêt une grande importance pour moi ainsi que pour le football féminin en général. C'est génial d'être reconnue par ses collègues et par les entraîneurs. Pour moi, c'est l'un des plus grands honneurs et privilèges qui m'ait été accordé. Le fait que la FIFA honore une femme en même temps que les meilleurs hommes, qu'elle la fasse monter sur la même scène, constitue un fabuleux coup de fouet pour la discipline. Ça vaut la peine d'être fêté. Aux Etats-Unis, nous travaillons chaque année pour faire grandir le football féminin, pour qu'il soit encore mieux accepté et encore plus attractif. La fédération américaine de football a fixé la barre très haut, c'est génial que la FIFA en fasse autant. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais le fait de placer une femme aux côtés des hommes sur le podium représente un progrès magnifique. J'ai été tellement heureuse d'y monter à deux reprises...

La jeune prodige brésilienne Marta a récolté toutes les louanges dernièrement. Vous avez à plusieurs reprises joué contre elle. Est-elle, comme certains le prétendent, la joueuse la plus talentueuse de tous les temps ?
Une chose s'est sûre, Marta est l'une des meilleures joueuses que j'aie été amenée à côtoyer. Mais j'aime prendre en compte les qualités d'une joueuse dans tous les compartiments du jeu. Et de ce point de vue là, Michelle Akers est de loin la meilleure. C'est bien simple, elle n'avait pas la moindre faiblesse. Moi par exemple, j'étais nulle de la tête. Je savais jouer en pivot, mais j'avais mes failles. Elle, elle n'en avait pas. Elle pouvait créer le danger de bien des façons. Elle était très forte en défense et à la récupération, mais aussi en attaque. Elle était capable d'envoyer des ouvertures de 50 mètres au cordeau comme de tromper une défenseuse avec une louche. Sur coup de pied arrêté, elle était incroyable : elle savait frapper en force ou brosser le ballon.
Marta a encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre ce niveau d'excellence, mais c'est encore un bébé, elle n'a que 19 ans ! Quoi qu'il en soit, même s'il lui reste des progrès à accomplir, je la prendrais dans mon équipe les yeux fermés. Elle sait dribbler, provoquer la défense et intimider les adversaires avec sa présence physique. Et puis, elle a l'âme d'une vraie compétitrice. Si elle ne se blesse pas et si elle s'entoure des bonnes personnes, elle va exercer une domination écrasante, j'en suis convaincue.

Si cela ne tenait qu'à vous, laquelle des trois finalistes serait récompensée : Marta, Shannon Boxx ou Birgit Prinz ?
Les trois joueuses en lice sont totalement différentes, c'est incroyable ! D'un certain côté, c'est la beauté de notre sport, mais du coup, ces trois filles sont très difficiles à comparer. Quand je vois Birgit (Prinz, l'Allemande) et tous les progrès qu'elle a accomplis, je me dis qu'elle est bel et bien devenue l'une des meilleures joueuses du monde. Il y a encore cinq ans, elle présentait des faiblesses, mais elle a travaillé comme une folle pour rendre son jeu plus complet et résoudre les problèmes qui l'handicapaient par le passé.
C'est une grande finisseuse, ses courses sont très intelligentes, c'est impressionnant. D'ailleurs je vais vous dire : il m'est arrivé de visionner des vidéos d'elle pour améliorer mes courses sans ballon ! Elle travaille très dur pour s'améliorer ; ce n'est pas un hasard si elle est toujours au bon endroit au bon moment. Au fil des années, avec tout ce travail qui est venu compéter ses qualités naturelles et sa présence physique, elle est devenue une joueuse complète. Si elle ne marque pas de buts, elle est directement impliquée dans leur conception.

Qu'en est-il des chances de votre ancienne coéquipière Shannon Boxx ?
Boxxy, c'est une bosseuse. J'ai joué avec elle pendant un bon moment. Son travail permet aux meneuses de se concentrer sur la distribution du jeu et la création. C'est une pure récupératrice et physiquement, elle est extrêmement intimidante. Si vous tentez de la défier, vous pouvez vous attendre à passer un sale moment ; elle joue avec hargne et fierté pendant les 90 minutes. Elle fait tout le sale boulot et distribue le ballon, mais elle trouve quand même le moyen de créer le danger sur coups de pied arrêtés de par sa taille. Et puis, de temps en temps, elle est capable de mettre une grosse frappe, comme une pure attaquante, ce qui est d'autant plus impressionnant que c'est avant tout une joueuse à vocation défensive.
Des trois candidates, c'est elle qui a fait les plus gros progrès. Depuis (Michelle) Akers, aucune joueuse n'a eu une telle personnalité et une telle présence sur le terrain. Cette fille a aussi la faculté de mobiliser le reste de l'équipe pour le combat. Avec un tacle, elle vous réveille tout le monde. Je suis tellement heureuse qu'elle soit reconnue ; c'est rare que des joueuses de ce style soient appréciées à leur juste valeur. En tout cas, si vous posez la question à n'importe quelle joueuse ayant évolué à ses côtés, elle vous dira qu'elle fait sans conteste partie des meilleures. Sur le terrain, une joueuse comme ça fait une différence énorme.

Voici le programme complet de la journée :
16h00 : Conférence de presse des six nominés (Lampard, Eto'o et Ronaldinho pour les hommes)
20h00 : Gala du Joueur Mondial de l'Année
Remise du Prix du Fair-Play de la FIFA
Remise du Prix du Joueur Interactif de la FIFA
Remise du Prix présidentiel
Remise du Prix de la Joueuse Mondiale de l'Année
Remise du Prix du Joueur Mondial de l'Année

Voici enfin les portraits des trois nominés, réalisés par la FIFA...  

Marta : rapidité et technicité dévastatrices

Pour la deuxième année consécutive, la joueuse brésilienne, âgée de seulement 19 ans, figure dans le Top 3 du football féminin. Mais cette fois, seul le sacre compte.
A la simple évocation des Jeux Olympiques d'Athènes 2004, les yeux de la nouvelle enfant prodige du football féminin s'enflamment. Malgré la défaite 2:1 face aux Etats-Unis en finale après prolongation, la joie reste intacte lorsqu'elle se repasse le film de l'après match : "Cette médaille d'argent est le plus beau moment de ma vie sportive jusqu'à présent. Ce fut un instant historique. Au Brésil, les gens sont même descendus dans la rue".
L'histoire de cette jeune brésilienne est un véritable comte de fée. C'est dans sa ville natale de Dois Riachos, un bourg de 13 000 âmes situé au nord du pays, que Marta commence à caresser le cuir. "J'étais surtout entourée de garçons. Alors j'ai commencé à jouer avec eux dans la rue", se souvient-elle. Si sa mère n'y voyait aucun inconvénient, chez ses frères, en revanche, on n'appréciait que moyennement...

De Dois Riachos à Umeå, il n'y a qu'un pas
A l'âge de 14 ans, Marta quitte le cocon familial pour Rio en vue de se lancer dans une carrière footballistique. Elle joue d'abord à Vasco de Gama, avant de signer pour São Martins. On la remarque pour la première fois sur la scène internationale à l'occasion du Championnat du Monde de Football Féminin U-19 de la FIFA, Canada 2002.
A 16 ans, elle est déjà nettement au dessus du lot. Lors du dernier match de poule, elle inscrit un triplé cinglant face à la France. Véritable numéro 10, elle n'hésite pas à venir prêter main forte à ses attaquantes. Elle finira même troisième meilleure buteuse du tournoi, avec six réalisations.
Un an plus tard, chez les A, elle conduit la Seleçao jusqu'aux quarts de finale de la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, USA 2003. En mars 2004, elle signe un contrat pour le club suédois de Umeå IK, une des grosses cylindrées du football européen. Appelée à la rescousse pour remplacer au pied levé une Hanna Ljungberg blessée, elle fait mieux que tenir son rôle en ramenant la Coupe de l'UEFA en terres scandinaves.
Pour Marta, l'Europe était une destination obligée car au pays du ballon rond, aucun championnat féminin national ne lui permettait d'exprimer tout son talent. "Là-bas, nous n'avons pas la possibilité de nous entraîner tous les jours comme ici", déplore la nouvelle surdouée du foot féminin.
Après une année 2004 exceptionnelle, en 2005, la meneuse de jeu a continué son irrésistible ascension. Dans le Damallsvenskan suédois, elle a inscrit pas moins de 21 buts en 22 rencontres. Elle arrive ainsi en tête du classement des buteurs, à égalité avec Therese Lundin du Malmö FF. Avec Ljungberg, elle fut l'artisane principale de la reconquête du titre de champion de Suède qui avait échappé à Umeå les deux saisons précédentes.
Du haut de son 1,60 m, Marta est loin d'être une géante. Mais son pied gauche, sa vivacité et sa technique sont des armes redoutables dont elle se sert à merveille pour donner le tournis à ses adversaires.
Pourquoi le football plus qu'un autre sport ? "Ce n'était pas vraiment une décision réfléchie. C'est ma nature qui a fait que je voulais jouer au foot." Marta a également pratiqué le futsal et le handball, au poste de gardienne. Lorsqu'on lui demande d'où vient sa technique d'exception, la réponse sort sans l'ombre d'une hésitation : "Du futsal. Au pays, j'ai joué des tournois en salle avec les garçons".

Marta la sanguine

Outre son talent, Marta est dotée d'un tempérament de feu qu'elle ne parvient pas toujours à maîtriser : "Quand tu joues, tu veux donner le meilleur de toi-même. Et quand les choses ne vont pas exactement comme tu le voudrais, tu as tendance à devenir un peu agressive".
Côté mauvais souvenirs, on peut citer la finale de Coupe perdue face à Djurgården/Älvsjö (1:3), pas tant pour le résultat que pour la mauvaise blessure à un oeil qui lui valut même d'être hospitalisée. En Suède, les duels sont physiques.
Malgré des rumeurs de transfert au FC Indiana, champion WSUA en titre, il y a de grandes chances pour que l'internationale brésilienne porte les couleurs d'Umeå la saison prochaine. C'est au niveau du physique que la marge de progression reste la plus grande pour ce petit gabarit, même si elle avoue ne pas être une fana de la fonte.
Dans ses loisirs également, le football joue un grand rôle. Sur Playstation, elle n'a pas son pareil pour mettre ses adversaires dans le vent. Une impression de déjà vu. Elle aime aussi communiquer sur Internet avec ses amis restés au Brésil, se balader dans Umeå ou rencontrer ses coéquipières autour d'une tasse de café.
Le plus grand hommage qu'on puisse lui rendre vient de Cristiane(photo), son amie et coéquipière en Seleçao. "Je suis une grande fan du jeu de Marta. Balle au pied, elle est capable de faire des choses incroyables. J'admire son jeu et sa réussite. C'est le fruit d'un travail acharné pour lequel elle a fait d'énormes sacrifices."

Shannon Boxx : la star US aux nerfs d'acier

La scène se passe en quarts de finale du Tournoi Olympique de Football Féminin, Athènes 2004. Les Américaines sont opposées à une sélection nippone qui fait mieux que se défendre. A l'heure de jeu, les deux équipes sont à égalité 1:1. Alors que la nervosité commence à s'installer chez ses coéquipières, Shannon Boxx, elle, reste de marbre. Sur un coup franc de Mia Hamm, la joueuse de New York Power se présente seule face à la gardienne japonaise, la fixe et, avec un sang froid extraordinaire, adresse une passe décisive à Abby Wambach, qui n'a plus qu'à pousser au fond. En finale, les joueuses de l'Oncle Sam décrocheront l'or olympique face au Brésil, après prolongation (2:1). Cette médaille reste, à ce jour, le titre le plus prestigieux remporté par Boxx. Mais à 28 ans, l'ancienne pensionnaire de Notre Dame compte bien y ajouter la distinction de Joueuse Mondiale de la FIFA 2005.
Que de chemin parcouru depuis 2003 ! A l'époque, Boxx s'apprête à suivre la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003, depuis son canapé, en compagnie de son petit ami Sean Taketa, devenu son mari depuis, et de quelques proches. Le 16 août 2003, coup de téléphone et coup de théâtre : la sélectionneuse américaine, April Heinrichs, l'inscrit dans sa liste des 20, sans que Boxx ne compte aucune sélection à son actif, une première dans l'histoire du soccer féminin outre-Atlantique.

Boxx écrit une page d'Histoire
Quelques semaines plus tard, ce n'est pas sur son canapé mais bien dans la petite lucarne que l'on retrouve la Californienne. Et pour couronner le tout, c'est elle qui inscrit le but de la victoire face à la Suède (3:1) en match d'ouverture, sa troisième réalisation en autant de sélections.
Là encore, aucune joueuse américaine n'avait réalisé un tel exploit auparavant. Il faut dire qu'à l'époque, avec seulement un but en 21 rencontres de WUSA, la numéro 5 des NY Power n'était pas vraiment réputée pour son efficacité devant le but.
Les girls échouèrent sur l'avant-dernière marche d'un sacre tant espéré sur leurs terres. Boxx resta néanmoins très concentrée dans le match pour la troisième place face au Canada. Avec un nouveau but à son compteur, elle fut même élue meilleure joueuse du match.
A cette occasion Fran Hilton-Smith, du Groupe d'Etude Technique de la FIFA, déclarera : "Elle a su prendre le jeu à son compte, poussé ses coéquipières à aller de l'avant et enfin, inscrit le but de la victoire pour les Etats-Unis."
Pourtant, au lendemain du titre de championnes du monde remporté par les Etats-Unis en 1999, on imaginait mal voir cette rookie s'imposer dans le onze US. Son diplôme universitaire en poche, Boxx a papillonné entre Los Angeles, Boston et même Saarbrücken, en Allemagne. Lors du lancement de la WUSA en 2001, elle a été draftée par les San Diego Spirit, avant de rejoindre New York Power un an plus tard.
Depuis sa première sélection face au Costa Rica, cette fan de Michael Jordan n'a manqué qu'un seul match en équipe nationale. Avec désormais 50 caps et 13 buts, elle en est même devenue une des pièces maîtresses. En mai 2004, elle faisait partie d'une sélection mondiale qui, à l'occasion des célébrations du centième anniversaire de la FIFA, s'était imposée 3:2 face aux championnes d'Europe et du monde allemandes.

Un hat-trick peu commun
En février 2004, Boxx s'est même payé le luxe d'inscrire un hat-trick lors de la correction infligée à Trinité-et-Tobago (7:0), dans un match de qualification au tournoi olympique. Une performance plutôt rare pour une milieu de terrain. "J'aime aller de l'avant, tirer au but et me porter à l'attaque, même si je sais que mon rôle est avant tout de défendre", déclare-t-elle dans une analyse de son jeu.
L'année 2005 a également apporté son lot de succès. Sous la houlette du nouveau sélectionneur Greg Ryan, elle a remporté la Coupe de l'Algarve, finissant même tous les matches avant de céder sa place à 23 minutes de la fin en finale. Un an auparavant, elle avait été élue meilleure joueuse de ce même tournoi. En 2005, elle a débuté les neuf rencontres d'une équipe US qui est parvenue à garder sa cage inviolée tout au long de l'année - un exploit qu'on lui doit en grande partie.
Le sport semble être une affaire de famille chez les Boxx, puisque sa soeur Gillian fut médaillée d'or en 1996, à Atlanta, avec l'équipe américaine de softball.

L'or olympique déjà en poche, Shannon Boxx va devoir patienter jusqu'en 2007 pour espérer décrocher un titre de championne du monde, en Chine. Qu'importe, elle a l'intention de jouer encore longtemps : "Tant que j'ai le niveau, je veux continuer à jouer. En fin de carrière, je veux pouvoir me dire que j'ai gagné tout ce qu'il y avait à gagner". Un titre de Joueuse Mondiale de la FIFA 2005 viendrait donc à point nommé.

Birgit Prinz : jamais deux sans trois ?

Petit test de notoriété spontanée. Partez vous balader en Allemagne et demandez au premier passant que vous croisez de vous citer le nom d'une joueuse de football. La réponse ? Birgit Prinz bien sûr.
Il faut dire que l'attaquante de la Mannschaft a bien mérité son statut d'icône du football féminin outre-Rhin. Mises à part quelques petites méformes passagères - qui n'en a pas ? - la Francfortoise continue de bluffer tout son monde par sa réussite et par la constance de ses performances. Pas étonnant, donc, que pour la quatrième année consécutive, elle se soit retrouvée dans le cercle très fermé des trois meilleures joueuses mondiales. Cette année encore, après ses titres obtenus en 2003 et 2004, elle figure parmi les favorites à sa propre succession. Déjà en 2002, elle avait échoué de peu, devancée au palmarès par la superstar américaine Mia Hamm.
En 1994, à l'âge de 16 ans, la princesse du football allemand fut appelée pour la première fois en sélection nationale. Plus de 10 ans après, son palmarès ressemble à la lettre d'une benjamine envoyée au Père Noël du football : championne du monde 2003 ; vice championne du monde 1995 ; médaillée de bronze olympique en 2000 et 2004 ; championne d'Europe 1995, 1997, 2001, 2005 ; vainqueur de la Coupe UEFA 2002 ; championne d'Allemagne 1995, 1998, 1999, 2001, 2002, 2003, 2005 ; vainqueur de la Coupe d'Allemagne 1995, 1996, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 ; vainqueur de la Super Coupe 1996.
Devant une telle déferlante, le titre WUSA décroché avec Carolina Courage, en 2002, fait figure de cerise sur le gâteau. Pourtant, celle qui a su se hisser au plus haut niveau grâce à sa vitesse, à sa percussion et à son sens du but a encore faim de victoires. Son prochain challenge : décrocher la seule médaille encore absente de son salon, celle de championne olympique. Les proches de cette kiné de formation savent que les Jeux Olympiques de Pékin 2008 sont déjà marqués d'une pierre blanche dans son agenda.

2005, encore un grand cru
En 2005, cette attaquante pure souche de 1,79 m a encore raflé la mise. En mai dernier, à 28 ans, elle remporte un nouveau titre de Championne d'Allemagne avec son club du 1. FFC Francfort. Le mois suivant, avec la sélection allemande, elle gagne le Championnat d'Europe de Football Féminin UEFA, Angleterre 2005, en battant la Norvège 3:1 en finale - sa quatrième couronne européenne. Au premier tour, face à l'Italie, elle inscrit un but somptueux dans lequel elle met une défenseuse dans le vent sur une simple feinte de corps. Les téléspectateurs de la BBC ont apprécié puisqu'ils l'ont élu plus beau but du tournoi. En finale, c'est encore Prinz qui offre le troisième but de son équipe, synonyme de titre européen. Avec trois réalisations en tout, elle termine en beauté un tournoi réussi. Et dire qu'elle avait failli être forfait à cause d'une blessure contractée en finale de la Coupe d'Allemagne !
2005 fut également l'année d'un nouveau record, celui du nombre de buts marqués en équipe nationale, jusqu'ici détenu par Heidi Mohr. Non seulement elle a atteint et dépassé les 83 buts de l'ancienne attaquante de Niederkirchen, mais elle en est désormais à 90 réalisations en 143 sélections. Série en cours.

Un exemple hors des terrains
Quand elle ne joue pas au football, Birgit Prinz s'engage pour la bonne cause. Ainsi, elle est une des ambassadrices de la FIFA dans la croisade contre le racisme menée par l'association : "Les joueuses et les joueurs de foot ont cette chance de pouvoir exercer une grande influence sur les gens. C'est pourquoi nous pouvons jouer un rôle dans l'éradication du racisme."
En août dernier, en tant que marraine de "learn and play", un projet commun de la FIFA, du Comité national olympique et de l'association Afghanistan-Hilfe, elle s'est rendue pendant cinq jours en Afghanistan. Holger Obermann, envoyé spécial de la FIFA et de la Fédération allemande (DFB) dans les zones de crise, l'accompagnait dans sa mission. "Il suffisait de regarder le visage de ces enfants pour se convaincre du bien-fondé de ce voyage", déclare une Birgit Prinz encore émue.
Sportivement parlant, cette attaquante d'exception s'est encore fixé plusieurs objectifs à atteindre. De son propre aveu, elle n'a d'ailleurs pas encore exploité la totalité de son potentiel. Et bien qu'elle répète volontiers ne pas courir après les récompenses individuelles, on se doute qu'un titre de Joueuse Mondiale de la FIFA 2005 ne serait pas pour lui déplaire. Pas plus que le hat-trick qu'elle réaliserait par la même occasion.
En tous cas, pas besoin d'être devin pour connaître le nom de la joueuse la plus populaire outre-Rhin. Birgit Prinz, bien sûr.

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