13.08.2006
Les Egyptiennes ne resteront pas
Le bilan de la venue des jeunes filles du Caire a tout de même été positif et continue de montrer la dimension internationale que veut se donner le Turbine.
Les filles ont été accompagnées lors de ce voyage par le Dr. Sahar El Hawary, propriétaire du club du Caire, et qui s'occupe du football féminin en Egypte et dans la Ligue Arabe. Elle a été interviewée par Michael Meyer.
Qu'avez-vous retenu de votre passage au FFC Turbine Potsdam, Madame El Hawary ?
Le Turbine est une équipe très bien organisée. Lors des entraînements, l'accent est mis sur la force, la vitesse. C'est différent des clubs en Amérique ou au Brésil où l'on insiste plus sur la technique. Le Turbine travaille comme une machine.
Quelle est la principale différence avec le football féminin égyptien ?
En Egypte, nous devons travailler davantage le physique des joueuses. Nous avons de nombreux talents, techniquement parlant, qu'il serait intéressant de faire progresser physiquement.
Marwa et Dina ont pris des notes de chaque entraînement auquel elles ont assisté.
Oui, elles ont envie d'en profiter une fois de reotur à la maison. De plus, elles ont l'intention de devenir entraîneur plus tard, dans ce sens, elles ramènent le plus d'informations possible de Postdam.
Dans le championnat allemand masculin, on retrouve déjà de nombreux joueurs égyptiens. Les femmes pourront-elles aussi s'imposer en Bundesliga féminine ?
Je crois que cela va arriver plus vite que l'on ne le croit. Nous travaillons durement à améliorer le niveau du football féminin en Egypte, avec l'aide notamment de l'Allemagne comme par exemple le Botschaft ou l'institut Goethe. Tina Theune-Meyer, l'ancienne sélectionneuse allemande, est déjà venue chez nous pour nous donner des conseils. Nous allons essayer d'étendre encore ces contacts.
Quel rôle joue le football féminin en Egypte ?
Notre équipe nationale a été créée en 1997, notre ligue nationale une année plus tard. Nous avons commencé avec six équipes, aujourd'hui il y en a douze réparties dans deux ligues. Au début nous avions des problèmes. Nous devions d'abord convaincre que les femmes aussi peuvent jouer au football. Mais les médias nous ont toujours soutenus et le fait d'avoir le droit de participer aux qualifications mondiales et olympiques nous a aussi beaucoup aidé. Aujourd'hui, le football est enseigné aux jeunes filles dans les écoles et des femmes arbitrent en deuxième ligue masculine.
Avez vous jouer au football vous même ?
Non mais j'ai été arbitre et j'ai participé au développement du jeu en Egypte.
D'où vous vient cette passion ?
Mon père Ezzat était un arbitre de la FIFA. J'étais la seule fille de la famille et il a toujours accepté ma passion en m'emmenant au stade.
A l'heure de votre départ, que retiendrez vous au sujet de Potsdam ?
Cela a été une très bonne occasion d'observer une des meilleures équipes européennes avec de nombreuses internationales. Nos deux joueuses et moi-même avons beaucoup appris à Potsdam. Nous voulons revenir et nous intégrer à la classe mondiale. Notre première visite peut déjà jouer un rôle important.
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31.07.2006
Une nouvelle école pour les stars de demain
Avec l'ouverture d'une école d'élite pour jeunes filles à Bad Neuenahr-Ahrweiler, la Fédération allemande de football (DFB) espère que le football féminin pourra définitivement prendre son envol. Au premier abord, cette école ressemble plutôt à un décor du "Nom de la Rose", le roman médiéval d'Umberto Eco. Mais ce cadre magnifique sera bientôt le berceau d'une nouvelle génération de footballeuses. Le Couvent des Ursulines du Mont-Calvaire, à Bad Neuenahr-Ahrweiler, accueillera dès la rentrée 2006/2007 cinq jeunes joueuses à l'avenir prometteur. Selon le "modèle de Potsdam", cette école qui renferme un internat et plusieurs établissements scolaires deviendra sans doute le centre de formation des stars de demain. Les jeunes footballeuses évolueront dans les meilleures conditions possibles : elles pourront se concentrer aussi bien sur leurs études que sur leur sport favori et seront initiées progressivement au football international de haut niveau. L'école d'élite pour jeunes footballeuses est le deuxième centre de ce type en Allemagne. Dans le cadre de ce projet, la Fédération allemande de football (DFB) travaille en collaboration avec la Fédération de football de Rhénanie (FVR). L'objectif est de populariser le football féminin dans la région de Rhénanie-Palatinat, ainsi que dans les Lands limitrophes d'Allemagne. Les conditions sont optimales : dans l'internat des jeunes filles, à proximité du collège et du lycée, les footballeuses en herbe seront encadrées en permanence (à l'exception des week-ends). Leur emploi du temps journalier et les horaires des cours s'adapteront au programme d'entraînement de la DFB. Le matin, il sera possible d'organiser des séances d'entraînement avant les cours. Les jeunes filles pourront également profiter de la piscine du centre pour se remettre en forme. Autrefois à la tête de la sélection nationale, Tina Theune-Meyer est aujourd'hui responsable de la mise en place de ce centre. Selon elle, cette école d'élite avec internat est un excellent concept. "Beaucoup de personnes y collaborent : l'école, la fédération, le district, la ville et le club local. Ils ont tous apporté leur soutien dès le lancement du projet. Cette école est promise à un bel avenir, d'autant plus que toutes les installations sportives de Bad Neuenahr-Ahrweiler sont concentrées au même endroit", explique Theune-Meyer. L'ancienne entraîneuse se réjouit d'ailleurs de la proximité du SC 07 Bad Neuenahr. Ce club de Bundesliga féminine est aujourd'hui l'un des bastions de la DFB et de la fédération régionale. "Turbine Potsdam a remporté cinq fois le championnat allemand dans la catégorie Junior B. De même, l'école est sortie vainqueur du championnat inter-écoles. Outre le titre de champion d'Allemagne, le club a récemment remporté la Coupe d'Allemagne et la Coupe d'Europe", rappelle Theune-Meyer. Selon elle, le centre de formation de Potsdam est à l'origine de tous ces succès. A Potsdam, on forme des joueuses de talent depuis la saison 1995/1996. Les jeunes filles s'entraînent au centre sportif de Friedrich Ludwig Jahn. Leur formation s'inscrit dans le cadre du projet "Le football féminin dans le système associatif de Potsdam". "Sans ce concept, nous n'aurions pas le succès que nous connaissons aujourd'hui. Notre club aurait de gros problèmes en termes de qualité et de quantité. Nous n'exploiterions pas tout le potentiel de nos joueuses", commente l'entraîneur du Turbine Potsdam, Bernd Schröder. Les écoles d'élite en plein essor Les écoles élitistes devraient donc se propager à travers toute l'Allemagne. Dans les années à venir, cinq ou six établissements devraient voir le jour. Grâce au soutien de la DFB, Theune-Meyer pourra fonder d'autres écoles et le niveau du championnat féminin devrait augmenter considérablement. "Dans trois ou quatre ans, six à huit équipes pourront prétendre au titre de championne d'Allemagne", prédit Zwanziger. L'école de Bad Neuenahr-Ahrweiler est aujourd'hui prête à ouvrir ses portes. Pour sa première année d'existence, le centre n'accueillera que cinq candidates, mais la demande est telle que le nombre de participantes devrait augmenter au cours des prochaines années. La DFB est encore à la recherche d'une directrice pour cette école. "Nous hésitons entre deux candidates pour ce poste. Toutes deux ont fait l'expérience du football de haut niveau et pourraient en faire profiter l'école. Avant de prendre une décision, nous devons être sûrs de leur motivation", explique Theune-Meyer. La DFB ne se contente pas de créer des écoles d'élite, elle cherche également à renforcer les liens entre les écoles, les clubs et les centres de formation. L'objectif est d'intégrer le football féminin à tous les programmes scolaires et d'en faire une discipline obligatoire dans la formation des professeurs de sport. Pour cela, il est important d'encourager la coopération entre les clubs de football féminin junior et les écoles. La Fédération s'inspire largement du modèle américain : aux Etats-Unis, cela fait longtemps que cette discipline est enseignée dans les écoles et les collèges. Le succès du football féminin dans ce pays repose en grande partie sur les efforts d'intégration.
L'école d'élite de Bad Neuenahr-Ahrweiler fait partie d'un projet colossal. Le football féminin devrait s'implanter rapidement en Allemagne. Comme le rappelle le Président de la DFB, Theo Zwanziger, "la formation des jeunes joueuses est un objectif qui nous tient à cœur. Nous voulons transposer le concept des écoles est-allemandes dans l'ouest du pays, où le football féminin ne demande qu'à se développer".
Source : FIFA.com
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28.06.2006
"Le football féminin est techniquement meilleur"
Extraits d'une interview de Navina Omilade au local taz Berlin (19.06.2006) La route vers le titre mondial est encore longue pour le onze allemand. Mais l'Allemagne a déjà ses champions du monde. Ses championnnes du monde pour être correct. Navina Omilade du 1. FFC Turbine Potsdam a remporté ce titre suprème en 2003. La milieu de terrain de 24 ans a débuté sa carrière à Mönchengladbach avec les garçons jusqu'à l'âge de 12 ans. Ce n'est que là qu'elle a découvert le football féminin pour ensuite remporter le bronze olympique en 2004 et un deuxième titre de championne d'Europe en 2005. Navina, lorsque vous regardez un match du Mondial à la télévision, le regardez-vous d'une manière différente, de votre statut d'internationale ? L'Allemagne joue dontre l'Equateur demain. Votre avis... Vous supportez donc la sélection allemande ? Le deviendront-ils ? Vraiment ? Ressent-on vraiment ce genre de choses durant un match ? Bien que le niveau technique soit plus haut chez vous que chez les hommmes, le football féminin a du mal à se faire accepter. Pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ? Lorsque vous observer la folie engendrée par le Mondial, voudriez-vous être à la place des vos collègues masculins ? Et les avantages ? Cale va-t-il changer ? Comment avez-vous commencé à jouer au football ? Vous jouiiez mieux que votre frère ? Comment réagissaient les garçons en vous voyant, la seule fille ? Le ton est-il le même entre vous qu'entre les hommes ? Aimeriez-vous jouer avec Ballack ou Lahm ? Pouvez-vous vivre du football féminin ? Comment se passe une semaine type pour vous ? Que manque-t-il dans votre vie ? Les gens vous reconnaissent-ils dans la rue ? Avant le mondial, il a beaucoup été question des No-Go-Areas, endroits où les personnes de couleur ne sont pas acceptés. Qu'en pensez-vous ? Y a-t-il des endroits à Potsdam où vous évitez de vous rendre ? Cela vous énerve-t-il, que certaines personnes soient si attachées à leur espace vital ? Avez-vous déjà subi des discriminations du fait de votre couleur de peau ? Vous êtes engagée dans l'initiative "Football against Racism". Cela veut donc dire que ce thème vous tient tout de même à coeur. Lors du Mondial, les Allemands ont semblé retrouver leurs couleurs. Tous Schwarz-Rot-Gold. C'est la première fois depuis quelques années que l'on voit ça. Qu'en pensez-vous ? Les critiques craignent que ce patriotisme sain se tranforme en nationalisme haineux. Pour finir, qu'y aura-t-il après votre carrière sportive ?
Par Felix Lee et Ulrich Schulte
Bien sûr. La plupart des fans critiquent souvent les joueurs sur le terrain. Ce n'est pas mon cas car je sais que certains ballons sont parfois très difficile à jouer. Je suis donc plus indulgente.
En ce qui concerne la sélection allemande, je ne peux pas réellement rester objective. Je m'implique beaucoup trop émotionnellement. Le match contre la Pologne à Dortmund, c'était de la folie. J'étais allée au stade avec mon ami. Nous avons vibré à chaque occasion. Le but à la 92ème minute a été une véritable délivrance. J'ai vraiment vécu ce match, je ne l'ai pas seulement suivie en tant que spectatrice.
Evidemment. Je suis allemande, j'aime le football et je suis à fond derrière eux. Ce serait terrible si les garçons devenaient champions de monde.
Hey, si je pouvais prévoir ce genre de choses, je serais richissime. Je crois qu'ils vont aller loin. C'est génial la façon dont chacun se bat pour les autres. De plus, l'équipe est portée par le public, l'euphorie peut les y conduire.
A chaque fois. Nous avons un public extraordinaire à Potsdam. Cela fait beaucoup. Seuls les matchs à l'extérieur sont parfois tristes. Dans ces cas là il n'y a parfois que 100 ou 200 personnes.
Ca non plus je ne le sais pas. Vraisemblablement, cela tient à sa courte histoire. La DFB (fédération allemande de football) a interdit le football féminin en 1955 parce que les hommes pensaient que ce n'était pas pour les femmes. La pratique est de nouveau autorisée depuis 1970. Mais les choses n'ont commencé à évoluer qu'une dizaine d'années plus tard.
Avant les hommes disaient : Comment ? Des femmes ? Elles ne savent donc pas jouer. Entre temps, des miliers de spectateurs ont commencé à venir aux matchs, nous avons été davantage médiatisées. Des équipes masculines nous appellent aujourd'hui pour nous demander de jouer contre eux. Aujourd'hui, pendant le Mondial, il y a beaucoup de questions auxquelles je peux apporter mon commentaire.
Disons que chaque chose à des avantages et des inconvénients. La pression des matchs, l'exposition de la vie privée, je ne veux pas vivre ces choses. Dans le monde du football féminin, tout est plus calme. Personne ne nous dit comment nous devons jouer. Et personne ne nous crie dessus lorsque cela se passe mal.
Hm. L'avatage d'être un homme est bien sûr de nature financière. Là des mondes nous séparent.
Vraisemblablement seulement bien après que j'aurais arrêté ma carrière. Nous en sommes encore loin.
J'ai touché mon premier ballon lorsque j'avais six ans. C'était toujours avec mon père, mon grand frère et les garçons du quartier.
On peut dire ça comme ça. Il a arrêté le football très tôt car ce n'étais pas son truc. Avec un de mes voisins, j'ai ensuite intégré l'équipe des F-Jugend d'un club. Il n'y avais que des garçons qui y jouaient. Pour les filles, il n'y avait pas encore de structure à Mönchengladbach dans les années 80. Mais je trouvais ça super de jouer avec les garçons. Plus tard, à 12 ans, j'ai du intégrer un vrai club féminin pour continuer, contre ma volonté. Des filles, qui n'y connaissent rien, je disais ça moi-même. Je vivais tout avec les garçons. Je ne connaissais rien au football féminin.
J'étais très bien intégrée dans mon équipe. Mais mes adversaires pensaient toujours : liihhh, ils ont une fille avec eux. Grâce à ça j'ai pu grandir. Je leur répondait : On se revoit sur le terrain. Là, ils ne disaient plus rien.
Cela nous arrivent aussi parfois de craquer. Le jeu est parfois rude. Mais les hommes s'affronte aussi sur un autre niveau. Celui de la parole. Chez nous, il y a moins de fautes, aussi moins de cartons. Les coups par derrière ou ce genre de choses, ça n'existe pas.
Non. On ne peut pas comparer le football féminin et le football masculin. Lorsque nous jouons contre les garçons, nous sommes souvent meilleures dans le jeu et techniquement. Mais les garçons sont aussi plus rapides et plus robustes. Lorsqu'ils partent avec le ballon, tu ne les revois souvent plus. Il y a quelques années, avec la Nationalmannschaft, nous avons perdu contre les Stuttgarter B-Jugend. Tout le monde s'amusait : les championnes du monde ont perdu contre une équipe de B-Jugend. Le jeu était d'une toute autre nature et nous en avons souffert.
Non. Nous sommes des amateures. Je fais des études de sport et de sciences économiques et d'autres jobs. Le football est un revenu supplémentaire, rien de plus.
Du matin jusqu'en début d'après-midi, je suis à l'Université. Je ne peux pas toujours suivre tous les cours. A 17 heures commence l'entrainement, cinq jours par semaine. Le week-end, bien-sûr, il y a les matchs.
Une seule chose, du temps libre. Je ne fais rien d'autre que de jouer au football. D'abord l'Université, puis l'entraînement, semaine après semaine, année après année. Le championnat est maintenant terminé mais nous sommes au milieu du semestre d'été. Et quand les vancances d'été seront là, le championnat recommencera. Mais nous avons de la chance à Potsdam car les entraînements commencent tôt. Nous n'y passons donc pas la soirée.
A Potsdam oui. Quand je vais faire les courses après un match, il y a toujours des gens qui viennent me voir. Je sort souvent avec Conny Pohlers, mon amie et coéquipière, et cela ne vous étonnera pas, elle en rougit très vite.
La discussion est close. Il y a des régions que les gens qui sont différents évitent parce qu'ils ont peur. Pour les gens qui ont la peau foncée comme moi, ce n'est pas une nouvelle.
La plupart du temps je sort en voiture, je ne me fais donc pas trop de soucis. Mais à pied, j'éviterais certains quartiers la nuit. Je ne cherche pas la provocation.
Je trouve cela dommage qu'il y ait encore ce genre de pensées à notre époque. Le sport possèdent là de l'avance, la vie en communauté malgré les différences fonctionne très bien. On joue les uns contre les autres, à la fin, nous fêtons tous ensemble. Quand les brésiliens ont joué au Stade Olympique de Berlin, c'était la grande fête. Pourquoi les gens réagissent-ils différemment dans la vie de tous les jours ?
Non, par chance, non. Cela ne se passe pas comme ça dans le football féminin. Il n'y a pas de hooligans. Il serait impensable, qu'une joueuse noire se fasse siffler et que l'on entende des cris de singe. Certaines personnes se sentent plus fortes car elles sont immergées dans la masse. Nous avons en moyenne 500 à 1000 spectateurs, pas de quoi voir ce genre de choses se passer.
L'organisation m'a contacté pour me demander si je voulais y participer. J'ai répondu que rien de la sorte ne m'était jamais arrivé. J'ai tout de même accepté. Pourquoi ne doit-on parler que quand quelque chose s'est passé ? Je veux dire ouvertement que le racisme et la xénophobie, c'est de la merde.
Vraiment super. C'est de la folie quand 60.000 spectateurs chantent l'hymne national tous ensemble, et même les joueurs ! Jusqu'à récemment, ils ne faisaient que bouger les lèvres.
Bien sûr, mais ce danger est le même pour tous les pays. J'espère juste que tout restera dans un bon esprit.
Je ne peux pas encore le dire. Je n'ai que 24 ans. Tant que je me sentirai en forme, je jouerai. J'en suis à mon huitième semestre. Je vais encore en avoir besoin de quelques uns pour les Jeux Olympiques, les Championnats d'Europe et toutes ces choses. C'est pourquoi, à l'heure actuelle, je ne peux pas envisager un monde après le football.
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19.03.2006
Le retour de la France dans le Top 5
Les résultats de l'Algarve Cup 2006 se sont déjà répercutés sur le classement. L'Allemagne a rappelé sa suprématie au niveau international en remportant respectivement 5:0 et 3:0 ses matches contre la Finlande et la Suède. Quant aux Etats-Unis, ils ont battu le Danemark mais n'ont réussi qu'un match nul et vierge face à la Chine, ravie du retour dans sa sélection de Sun Wen, ancienne Joueuse Mondiale de la FIFA. Les deux matches nuls de la Norvège face à la Suède et la Finlande sont peut-être à l'origine des 35 points perdus par l'équipe scandinave dans ce classement.
Plus loin, le Sénégal enregistre une belle progression de 14 places, ce qui lui permet d'arriver en 80e position et de remporter le plus grand nombre de points dans cette édition (+101). Le Maroc (58e) peut se réjouir de son retour dans le Classement mondial féminin de la FIFA, tandis que la Guinée Equatoriale (119e) y fait tout simplement son entrée.
Le Classement mondial féminin compte actuellement 125 équipes, lesquelles sont évaluées en fonction de divers facteurs comme le score du match, le lieu du match, l'importance de la rencontre et la valeur de l'adversaire. Le classement est publié quatre fois par an. D'après l'enquête "Big Count" menée par la FIFA en 2001, 22 millions de femmes et jeunes filles pratiquent le football à travers le monde.
Le prochain classement mondial féminin de la FIFA sera publié le 19 mai 2006.
1. Allemagne 2219 points
2. Etats-Unis 2189 points
3. Norvège 2065 points
4. Brésil 2053 points
5. France 2017 points
6. Suède 2005 points
7. RDP Corée 1999 points
8. Chine RP 1974 points
9. Danemark 1973 points
10. Italie 1943 points
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21.02.2006
Changer les mentalités pour stimuler le développement
FIFA.com : Que pensez-vous du travail réalisé jusqu'à présent par vos successeurs ?
April Heinrichs : La transition s'est faite pratiquement sans problème, car Greg Ryan avait déjà travaillé comme assistant au sein du groupe. L'année dernière a été très positive pour les Américaines, elles ont effectué d'excellents matches. Les performances réalisées à deux ans d'une Coupe du Monde ne sont cependant pas encore révélatrices du potentiel d'une équipe dans les grands rendez-vous.
Domanski-Lyfors : Thomas Dennerby était déjà assistant lors du Championnat d'Europe, ça l'a évidemment aidé. En tant que sélectionneuse de l'équipe U-21, je travaille encore en étroite collaboration avec lui. Nous devons progressivement intégrer des jeunes joueuses et les rencontres préliminaires pour la Coupe du Monde nous en donnent l'occasion. Les résultats sont bons jusqu'à présent. C'est aussi très important pour nous si nous voulons nous qualifier pour la Coupe du Monde.
Theune-Meyer : La continuité est encore plus grande en Allemagne. Silvia Neid était la meneuse de jeu à l'époque de l'entraîneur Gero Bisanz, avant de devenir mon assistante. C'est un fil rouge, un concept que nous souhaitons continuer à développer. Je travaille en collaboration avec tous les sélectionneurs - Silvia Neid, Maren Meinert et Ralf Peters. Cela ne me pose aucun problème. Ils sont tous très enthousiastes et il y a beaucoup de bonnes joueuses.
À quel point est-ce difficile de trouver un bon équilibre lors de l'intégration de jeunes joueuses ?
Theune-Meyer : Sur le plan national, nous disposons d'un excellent programme. Nous commençons avec les U-15 et les joueuses y acquièrent déjà une première expérience. Nous avons eu la chance de toujours participer à un Championnat du Monde avec l'équipe U-19, et l'équipe U-20 s'est également qualifiée. Avec les A aussi, nous avons pris part à toutes les grandes compétitions. Cette présence au sommet nous permet d'accumuler de l'expérience, de jouer régulièrement et de former de nouveaux talents. Certaines rencontres préliminaires pour la Coupe du Monde nous donnent également l'occasion d'intégrer des jeunes joueuses, Silvia Neid en est consciente, elle en a invité beaucoup au camp d'entraînement hivernal.
Domanski-Lyfors : L'équilibre est certainement l'une des clés du succès. Si les meilleures joueuses doivent disputer les matches de qualification, il est également très important que les jeunes joueuses engrangent de l'expérience. C'est la raison pour laquelle des compétitions comme la Coupe d'Algarve sont tellement importantes. Il convient à la fois de penser à court et à long terme.
Heinrichs : Chez nous, la compétition préliminaire est quelque peu différente. Elle se déroule en l'espace de deux semaines à la fin de l'année 2006, alors qu'elle est beaucoup plus longue en Europe, où elle débute longtemps avant la Coupe du Monde. Notre entraîneur a davantage le temps de trouver le bon mélange entre jeunes joueuses et joueuses expérimentées. Je préfère toutefois le système de qualification européen. Lors d'une compétition préliminaire se déroulant sur deux semaines, vous êtes embêté si plusieurs de vos joueuses sont blessées. Les États-Unis ne disputent aucun match à enjeu en dehors des années de Coupe du Monde ou de Jeux Olympiques. Les meilleures joueuses suédoises ou allemandes ont joué 30 à 40 matches l'an dernier, contre neuf pour nos joueuses. C'est un problème récurrent pour les États-Unis.
Qu'est-ce qui vous a surpris dans l'évolution du football féminin ces dernières années ?
Domanski-Lyfors : Le jeu est plus complet aujourd'hui qu'il y a dix ans. Il est plus rapide et repose sur des aptitudes totalement différentes. Les joueuses doivent être à la fois athlétiques et techniques. C'est aussi pour cela que l'Allemagne est championne du monde. Nous avons besoin de plus de numéros "10", de joueuses qui apportent de la créativité dans le jeu.
Heinrichs : J'ai quant à moi été très surprise par les qualités athlétiques et la rapidité d'équipes comme le Brésil et le Nigeria lors des Jeux Olympiques d'Athènes en 2004. C'était incroyable et cette évolution devrait se poursuivre. La décision de la FIFA d'organiser à l'avenir un Championnat du Monde U-17 favorisera ce développement et améliorera à long terme les capacités techniques des joueuses. La participation à un Championnat du Monde de jeunes joueuses de 15, 16 ou 17 ans ne peut qu'avoir des effets positifs sur le développement de ce sport dans le monde entier.
Theune-Meyer : Je suis d'accord, le jeu est devenu très rapide. Je pense par exemple à la finale et au match pour la 3ème place des Jeux Olympiques, ou encore au Championnat d'Europe en Angleterre. Des joueuses disposant d'un grand potentiel sont formées dans le monde entier. Un changement s'est également opéré en Allemagne. Le football féminin a acquis une reconnaissance énorme, même les professionnels masculins s'y intéressent davantage.
Quelles équipes pourraient créer la surprise en 2007 et 2008 ?
Heinrichs : La Chine.
Domanski-Lyfors : La Suède.
Theune-Meyer : La France, l'Angleterre et la Norvège ont des équipes jeunes avec beaucoup d'avenir.
Que doit-on améliorer sur les différents continents afin que cette évolution se poursuive ?
Theune-Meyer : La mentalité est primordiale, ainsi que la volonté de construire quelque chose. Il faut ensuite les ressources financières permettant d'installer des entraîneurs à tous les niveaux. Il ne suffit pas de réunir les joueuses quelques semaines et d'engager un entraîneur à la veille d'une rencontre préliminaire pour la Coupe du Monde. Chez nous, les joueuses peuvent jouer avec les garçons jusqu'à un certain âge. Dans certains pays, c'est pour le moment inimaginable. Elles n'ont tout simplement aucune chance de rivaliser.
Domanski-Lyfors : La volonté peut parfois suffire à développer quelque chose, du moins à long terme. L'argent permet parfois de le faire à court terme, mais sur la durée, ce n'est pas suffisant.
Heinrichs : Le soutien financier est assurément un facteur important, même si ce n'est pas le seul. Regardez ce que le Canada a mis sur pied en relativement peu de temps. Le Canada est un modèle à suivre pour avoir du succès. Il faut investir de l'argent et avoir un projet. D'un autre côté, le Brésil démontre également que l'on peut réussir sans argent. Ce sont deux modèles contradictoires.
Comment sont formés les nouveaux talents à travers le monde ?
Domanski-Lyfors : Je pense que les équipes et les joueuses qui participeront aux Championnats du Monde U-17 et U-20 connaîtront une forte progression. Marta en est un bon exemple. Elle a déjà disputé le Championnat du Monde U-19 en 2002 et a ensuite réussi le grand saut dans l'équipe nationale A. Malgré son jeune âge, elle a déjà acquis beaucoup d'expérience. Il y a de nombreuses joueuses talentueuses dans le monde entier, il y en a dans toutes les équipes. Malheureusement, la Suède ne s'est pas qualifiée pour le Championnat du Monde U-20. C'est une très mauvaise chose pour notre pays. Nous devons y participer si nous voulons faire partie du top européen.
Theune-Meyer : Ces dernières années, j'ai vu beaucoup de joueuses capables de suivre les traces de Sissi ou d'autres vedettes. Célia Okoyino da Mbabi, par exemple, se donne à fond et prend l'initiative. Il faut simplement donner leur chance à ces joueuses. Je pense qu'il y a encore une petite différence entre le Championnat du Monde U-20 et le Championnat du Monde U-19. Déjà diplômées, les joueuses peuvent y investir plus de temps et sont plus matures. Cela devrait se répercuter sur la qualité de jeu.
Heinrichs : Les Championnats du Monde U-20 et U-17 révèleront de nouveaux talents, en particulier des joueuses créatives capables d'évoluer à plusieurs positions. Nous verrons de plus en plus de joueuses évoluer au plus niveau lors des compétitions futures.
En quoi le travail de la FIFA peut-il contribuer à ce développement ? Quels sont vos souhaits en la matière ?
Heinrichs : Dans le monde du sport, certaines voix n'arrivent pas à se faire entendre. La FIFA leur donne l'occasion de s'exprimer. Selon moi, l'un des éléments clés des quatre-cinq prochaines années sera notre capacité à installer à long terme des anciennes joueuses à des postes de sélectionneuses. La FIFA ne peut qu'encourager ses nombreuses fédérations nationales à développer le football féminin et à éliminer les barrières sociales et culturelles.
Domanski-Lyfors : Il est important de regrouper toutes les expériences dans une équipe. Plus les points de vue sont nombreux, plus il est facile de progresser. Les conditions cadre doivent être améliorées, afin que les femmes n'abandonnent pas leur carrière prématurément en raison de contraintes économiques ou sociales.
Theune-Meyer : Je trouve génial qu'un si grand nombre d'experts participent à ces programmes de développement. Cela nous donne à chacun un autre regard sur la situation. Nous pourrons peut-être profiter des idées des autres ou lancer nos propres idées. Tout commence avec les sélectionneuses. Nous devons nous rendre dans les pays où il ne se passe pas encore grand-chose et encourager les femmes à s'affirmer.
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14.02.2006
Charlín Corral, entre génie et innocence
Elle n'a que 14 ans. Alors que les filles de son âge rêvent de donner leur premier baiser, elle en envoie des centaines aux foules qui applaudissent ses buts. Son premier amour, c'est le ballon rond, auquel elle semble s'être liée pour l'éternité... Et seulement pour le meilleur ! Verónica Charlín Corral est la nouvelle enfant prodige de la planète football. La petite attaquante de la sélection féminine mexicaine a été sacrée meilleure buteuse des qualifications de la CONCACAF pour le Championnat du Monde de Football Féminin U-20 de la FIFA. Et si elle ne dépasse pas le mètre soixante, sa grande maîtrise du ballon, son habileté, son jeu flamboyant et sa combativité ont su conquérir le public, qui voit en elle l'équivalent féminin des champions du monde U-17.Difficile de ne pas comparer ce jeune talent au prodige américain Freddy Adu, bien que Corral ait connu une éclosion encore plus impressionnante. Elue, à 13 ans, meilleure joueuse du tournoi de football de l'Olympiade de la Jeunesse mexicaine, qui réunit les meilleurs jeunes sportifs du pays dans toutes les disciplines, Charlín émerveille l'entraîneur de la sélection féminine par son génie. Une semaine plus tard, le technicien la convoque pour affronter en senior les Espagnoles de Barcelone.
Quelques mois après son baptême de feu, Corral continue de surprendre la planète football. Au terme d'une prestation exceptionnelle, vendredi dernier, elle a offert au Mexique la qualification pour Russie 2006. Entrée à la 30ème minute du match décisif contre la Jamaïque, elle a bouleversé le cours d'une rencontre jusque là très compliquée en inscrivant trois des quatre réalisations d'une écrasante victoire 4:1. La jeune attaquante a même marqué un penalty, qui, cerise sur le gâteau, l'a propulsée en tête du classement des buteuses de la compétition, avec sept réalisations.
Maturité et modestie
Derrière son visage de petite fille, Charlín Corral cache une maturité surprenante. Cette qualité, présente chez nombre de jeunes prodiges, s'explique peut-être par sa réussite précoce. Cela dit, la petite Mexicaine ne se qualifie certainement pas de surdouée, même si elle doit reconnaître qu'elle possède un don : "J'ai toujours été bonne au football, mais ça reste un passe-temps, parce que je veux terminer mes études", déclare la collégienne.
Si la jeune buteuse n'est pas sans réaliser que son talent lui a ouvert des portes, elle ne perd pas le sens des réalités. "On m'a offert des bourses pour étudier aux Etats-Unis ou dans des universités privées mexicaines. Mais je pense qu'il faut y aller petit à petit, tout arrive tellement vite".
A mesure que les qualifications pour Russie 2006, disputées dans la ville mexicaine de Veracruz, approchaient de leur terme, le visage de Charlín est devenu familier aux supporters, qui ont commencé à lui demander des autographes et des photos. La jeune buteuse s'en montre d'ailleurs aussi ravie que surprise : "C'est incroyable que les gens me reconnaissent. Mais je ne dois pas m'emballer. Chaque fois que je porte le maillot mexicain, je dois montrer ce que je vaux, et toujours garder les pieds sur terre".
Rêves, objectifs et pression
Maintenant que la sélection aztèque U-20 a composté son billet pour le grand rendez-vous de la catégorie, Charlín se prend à rêver de disputer son premier match dans un pays certes lointain, mais si proche de son coeur. "On rêve toutes d'aller en Russie. C'est vraiment génial d'avoir participé aux qualifications et, à mon âge, c'est déjà un rêve qui se réalise... Mais ce que je veux, maintenant, c'est aller en Russie.
Comme on peut s'y attendre, la jeune footballeuse de 14 ans ressent plus que quiconque la pression du public. L'entraîneur Leonardo Cuellar veille donc à faire avancer pas à pas sa benjamine, qu'il n'a pas titularisée pour le tournoi qualificatif. La jeune remplaçante s'est d'ailleurs révélée une arme décisive pour surprendre les défenses adverses par son instinct et son talent.
"Il me traite comme les autres filles, pas comme la plus petite. Il me dit que je dois me comporter comme les autres, parce que j'ai travaillé très dur pour ça", déclare avec reconnaissance Charlín, qui comprend parfaitement les choix de son entraîneur.
Malgré son jeune âge, la petite Mexicaine réalise parfaitement que ce talent qui lui offre une chance inespérée exige également beaucoup de sacrifices, parfois difficiles pour une adolescente qui n'a pas encore soufflé ses 15 bougies : "J'ai dû sacrifier l'école, la famille. A mon âge, beaucoup de filles voudraient avant tout passer du temps avec leur famille et leurs amis. Moi, j'ai tout sacrifié pour me consacrer à ce qui me plaît le plus : le football". Cependant, la jeune prodige ne regrette rien : "Je suis très heureuse parce que j'ai marqué des buts, ce qui n'est pas facile avec mon physique, si différent de celui des autres footballeuses".
Les nouvelles vont vite dans le monde du football et le don de cette jeune promesse a tôt fait d'attirer l'attention. Ces derniers jours, des équipes françaises ont exprimé leur intérêt pour la petite Aztèque au talent gigantesque. Corral, qui confirme ces rumeurs, explique que l'offre est venue du technicien du Panama, le Français Noël Deveaux. "Mais je n'ai pas bien compris, parce que je ne parle pas français. Il a plutôt discuté avec mon entraîneur", observe-t-elle.
Inutile de dire que Charlín rêve de marcher sur les pas des grandes stars du football mondial et de triompher en Europe. "Ce serait une chance inespérée, et si on me fait une bonne offre, je serais ravie d'y aller". Cela reste toutefois un objectif sur le long terme. En apparaissant pour la première fois sous le maillot de l'équipe A en octobre dernier (défaite 3:0 face aux Etats-Unis), elle a fait un pas de plus vers ce rêve.
Pour l'heure, l'adolescente de 14 ans la plus populaire du Mexique nourrit un autre rêve... Et pas un rêve d'enfant ! "Je veux disputer le Championnat du Monde. Je rêve de fouler la pelouse russe et d'y jouer mon premier match comme titulaire."
Source : FIFA.com
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23.12.2005
Trois brésiliennes à la conquête de l'Europe
Quel bon vent peut bien amener une médaillée d'argent olympique du côté de Neulengbach, une localité autrichienne de 7 000 âmes ? Une question qu'ont dû se poser de nombreux observateurs en voyant l'internationale brésilienne Rosana Dos Santos Augusto, appelée Rosana, fouler pour la première fois, en septembre 2004, le sol autrichien - à quelques 10 000 kilomètres de son pays natal. La réponse passe par Bruno Mangl, aux commandes du SV Neulengbach, équipe plusieurs fois championne d'Autriche d'affilée, qui est à l'origine de la présence en Autriche du milieu de terrain brésilien."L'idée m'est venue toute seule. Je voulais tout simplement voir jouer une footballeuse de classe internationale un jour en Autriche. Je suis allé assister en 2003 à certains matches de la Coupe du Monde de football féminin aux Etats-Unis. Avant même de partir, l'entraîneuse adjointe de l'époque avait attiré mon attention sur Rosana. J'avais simplement envie de faire bouger un peu les choses dans le football féminin autrichien, ce que j'ai plutôt bien réussi, me semble-t-il", déclare Mangl.
Différents moyens de communication, à savoir courrier électronique, lettre et de nombreux appels téléphoniques, ont permis de prendre contact avec la joueuse et, dès avril 2004, le contrat était signé. A l'époque, personne encore ne pouvait entrevoir le succès retentissant des Brésiliennes à Athènes 2004, où les joueuses de la Seleção n'ont abdiqué en finale contre les Etats-Unis qu'à l'issue de la prolongation (1:2).
Voilà comment, depuis une bonne année, les joueuses de Neulengbach comptent dans leurs rangs une médaillée olympique d'envergure mondiale, rapidement devenue une star locale. En 2005, la jeune femme de 23 ans a été élue joueuse de l'année en Autriche. La période initiale d'acclimatation n'a pas été une sinécure pour Rosana : "Au début, c'était en effet un peu difficile, notamment parce que je n'ai guère été chez moi en 2004. J'étais sans cesse en stage de préparation des Jeux Olympiques, puis le tournoi olympique est arrivé et, dans la foulée, j'ai débarqué en Autriche. Je n'ai donc pas pu passer plus de quatre semaines dans ma famille sur toute l'année. Mais maintenant, je suis vraiment heureuse d'avoir pris la décision de venir à Neulengbach", affirme Rosana à FIFA.com.
La femme au visage parsemé de taches de rousseur est très appréciée de ses coéquipières. "C'est une joueuse de dimension internationale, toujours fair-play et nous ne pouvons qu'apprendre à ses côtés. Malheureusement, nous ne parviendrons jamais en Autriche à atteindre ce qu'elle a réalisé avec le Brésil. C'est malgré tout super pour nous qu'une telle joueuse évolue chez nous", déclare Maria Gstöttner, meneuse de jeu de Neulengbach, quintuple meilleure buteuse d'affilée en Autriche entre 2001 et 2005.
Rosana est désormais parfaitement intégrée dans la vie du club, où, en compagnie de son amie et compatriote Liese, elle entraîne de temps en temps la relève composée de jeunes filles et garçons âgés de 8 à 10 ans. De plus, elle parle à présent très bien allemand, grâce aux cours particuliers prodigués par une enseignante d'allemand à la retraite. Dans ce contexte, il n'y a rien d'étonnant à la prolongation du contrat de Rosana d'un an, jusqu'en septembre 2006. Mangl espère même que Rosana jouera encore quelques années à Neulengbach. "Elle aimerait rester trois ou quatre ans de plus en Autriche, m'a-t-elle toujours dit."
L'entraîneuse Olga Hutter se réjouit également de bénéficier d'un tel renfort de qualité au sein de l'équipe : "Rosana, exceptionnellement douée techniquement, est rapide et très polyvalente. Elle a un jeu de tête remarquable, a parfois tendance - caractéristique brésilienne - à monopoliser un peu le ballon. C'est non seulement une footballeuse formidable, mais également une joueuse bourrée de qualités humaines. Elle est aimable, serviable et a le sens de l'humour. Rosana est non seulement un grand apport, un modèle pour notre équipe, mais aussi pour tout le football féminin autrichien."
Marta : une Coupe UEFA et un titre de meilleure buteuse en poche
C'est aussi un peu un coup du destin si Marta a été la première des trois joueuses brésiliennes à débarquer début 2004 en Europe, à Umeå, dans le grand nord suédois. Deux événements lui ont en effet ouvert la voie de l'eldorado du football féminin scandinave : premièrement, l'effondrement de la ligue professionnelle américaine WUSA juste avant la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003 et, deuxièmement, une rupture des ligaments croisés de l'attaquante d'Umeå, Hanna Ljungberg, début 2004, imposant au club suédois de prendre ses dispositions.
Ainsi est née une "success story" toujours d'actualité. Pas plus tard qu'en 2004, Marta a gagné la Coupe UEFA avec Umeå IK. En 2005, elle a une nouvelle fois remporté avec son club le championnat, après deux années infructueuses. En inscrivant la bagatelle de 21 buts en 22 matches, elle a été la grande artisane de cette réussite, en terminant même meilleure buteuse de la ligue suédoise de football féminin Damallsvenskan.
Marta n'a pas rencontré de grosses difficultés d'acclimatation, malgré sa réaction initiale d'étonnement : "Comment peut-on jouer au football ici avec toute cette neige ?" Elle s'est rapidement adaptée aux conditions climatiques. "Umeå est certes l'une des villes les plus froides d'un pays où il fait déjà froid, mais je suis ici dans de bonnes conditions pour jouer au football et c'est là la priorité absolue", affirme Marta. Du haut de ses 1,69 m, la joueuse d'exception a rapidement appris la langue suédoise. Sa famille d'accueil a également fait le maximum pour permettre à la Brésilienne du nord de son pays de s'habituer à son nouvel environnement. Autre avantage, elle connaissait déjà certaines des joueuses d'Umeå depuis la Coupe du Monde de Football Féminin de la FIFA, Etats-Unis 2003. Marta baigne toujours dans le bien-être. "La vie ici est tranquille et je me sens en sécurité. La meilleure chose est l'esprit de cohésion au sein de l'équipe. C'est vrai qu'il fait froid ici, mais les avantages l'emportent sur les inconvénients."
Pendant ses loisirs, elle aime flâner dans les rues d'Umeå ou aller prendre un café avec ses coéquipières. Marta vient également de prolonger son contrat, au plus grand plaisir des supporters de football féminin suédois, qui auront droit à une année supplémentaire de football de rêve. Ce n'est pas une surprise si sa cote de popularité atteint des sommets en Suède. Marta dit elle-même : "Je pense que cela tient au fait que les gens veulent et aiment voir du beau football. C'est ce que j'essaie de produire sur la pelouse. J'essaie en outre de me mettre au service de l'équipe, je crois que les gens apprécient cela."
Des débuts difficiles pour Cristiane
Cristiane Rozeira de Souza Silva, dit Cristiane, a été surprise, début 2005, de passer de l'été brésilien à l'hiver allemand, à la suite de son engagement sous les couleurs de Turbine Potsdam. "J'aime la neige, malgré le froid qui va avec. Je n'avais encore jamais vu pareille chose", déclarait à ce moment-là la jeune femme, enthousiaste. La joueuse brésilienne, médaillée d'argent l'année passée aux Jeux Olympiques d'Athènes avec la Seleção, a eu besoin d'une période d'adaptation, en particulier sur le plan sportif.
Souvent remplaçante au cours des premiers mois, elle faisait de timides apparitions en fin de rencontre. Mais la meilleure buteuse du tournoi olympique est rapidement devenue l'idole du public grâce à la vivacité extraordinaire de son jeu.
"Il a fallu que je m'habitue à une nouvelle façon de jouer, à une nouvelle culture et, au tout début aussi, aux basses températures", avoue Cristiane. Elle a même songé jeter l'éponge. "J'ai souvent pensé mettre un terme à l'aventure ici pour retourner au Brésil", ajoute la joueuse étrangère. Loin de ses parents et de ses deux frères et surs à Osasco, près de São Paulo, Cristiane s'est cependant armée de courage pour rejeter aujourd'hui toute idée de démission. "Je remercie beaucoup les supporters de m'avoir soutenue de manière aussi remarquable", déclare-t-elle.
14:06 Publié dans Développement du jeu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : FOOTBALL AU FEMININ
19.11.2005
Le Futsal féminin brise les frontières en Iran
Téhéran est une mégalopole de 14 millions d'habitants qui ont l'habitude d'investir tous ensemble les larges artères qui la traversent. Depuis le dernier étage de l'hôtel, il y a une vue superbe sur la ville, qui se confond avec l'horizon et semble ne jamais se terminer. Seules les montagnes du nord ont réussi à stopper sa progression vertigineuse, des montagnes pelées qui arborent une belle teinte dorée dès que le soleil commence à se coucher.
C'est la quatrième fois que les Jeux Islamiques féminins se déroulent dans cette ville faite d'enchevêtrement de ruelles, de voitures et de palais. Ouverts aux femmes musulmanes et non musulmanes, ces jeux quadriennaux comportent 18 disciplines, parmi lesquelles le futsal. Cette édition a enregistré la participation de 36 pays en plus des nations limitrophes de l'Iran. On a ainsi remarqué la présence d'athlètes américaines, britanniques, allemandes et russes.
La FIFA a été invitée par la fédération islamique des sports féminins à organiser un cours d'arbitres féminins de futsal peu après le coup d'envoi de la compétition. Filipa Santos, l'instructrice, est une jeune femme passionnée de futsal, la seule représentante du beau sexe à officier lors de rencontres du championnat de première division du futsal portugais.
Filipa va se concentrer sur les derniers amendements apportés aux règles du jeu, approuvées très récemment par la Commission de Futsal. "Elles sont très bien préparées", dit-elle, tout sourire, au sujet des 13 Iraniennes participant au stage. Etudiantes ou salariés, ces arbitres amatrices ont en commun une grande passion pour le football et pour le futsal en particulier.
Âgée de 31, ans Nader, l'une des arbitres, explique que c'est en accompagnant son père dans un stade quand elle était encore une enfant qu'elle a été attaquée par le virus du ballon rond. Depuis lors, elle ne rêve que d'une chose : pouvoir un jour fouler elle aussi le gazon. Son rêve est devenu réalité grâce au soutien de la fédération iranienne, qui a récemment créé une équipe féminine de futsal. Après avoir porté pendant six ans les couleurs nationales, Nader a embrassé la carrière d'arbitre, tout en travaillant à mi-temps pour le compte de la fédération.
Une technicienne venue du Brésil
Aujourd'hui, les instances fédérales soutiennent à 100 % le futsal féminin, à tel point qu'une entraîneuse brésilienne, Ivece, a été engagée il y a trois mois pour travailler au perfectionnement technique des footballeuses de l'équipe nationale. "En arrivant, je ne m'attendais pas à voir un niveau de jeu aussi élevé. Je n'ai fait qu'ajouter un peu de technique brésilienne dans leurs mouvements et les filles ont tout assimilé très vite", indique Ivece, très satisfaite.
Leila, Nehda, Sohelia et Mahnas sont originaires des quatre coins de l'Iran : de Téhéran, de Kermansha ou encore de Bandar Abbas, au sud du pays. Elles mènent des vies très différentes. Leila travaille dans une agence de voyages à la capitale, tandis que Nehda est étudiante à l'Université et que Mahnas enseigne l'éducation physique dans une école.
C'est auprès de leur père ou d'un frère qu'elles ont appris à aimer le ballon rond. Plus jeunes, elles ont joué dans les parcs et les jardins tant qu'elles ont pu, avant de rejoindre un club local de football féminin. Aujourd'hui, elles ont enfin l'occasion de se mesurer à d'autres équipes à l'échelle internationale.
Lors des entraînements et pendant les matches, toutes les athlètes portent des shorts et des maillots, et ne jouent pas voilées. Elles n'en ont pas besoin car elles évoluent dans des enceintes strictement réservées aux femmes. Comme la formation irakienne est dirigée par un homme, c'est une préparatrice physique qui le remplace sur le banc de touche.
Par conséquent, l'homme se contente d'encourager ses joueuses et de donner ses consignes tactiques avant qu'elles ne pénètrent dans le stade. Autres grands absents des terrains, les téléphones portables, les caméras et les appareils photo n'ont pas le droit de cité. Les seules photos publiables sont celles où les athlètes apparaissent entièrement couvertes. Malgré ces restrictions, les matches se déroulent dans une ambiance bon enfant.
Dans les gradins du site consacré au futsal, des spectatrices et les représentantes des équipes en lice encouragent les joueuses avec des chants et des applaudissements. La passion pour le futsal est bel et bien là, on la respire. Les cinq équipes engagées dans l'épreuve, l'Arménie, le Turkménistan, l'Irak, l'Iran et le Royaume-Uni, donnent tout jusqu'à la dernière seconde. Malgré des scores parfois un peu déséquilibrés, comme le 41:0 infligé au Royaume-Uni par les locales
De toute façon, les résultats des rencontres et l'identité du vainqueur ne sont pas l'essentiel. Au-delà de la victoire iranienne, ce qui compte c'est la volonté affichée par ces jeunes filles venues des quatre coins du monde, bercées par des traditions différentes, de jouer ensemble à un sport qui ne fixe aucune limite d'appartenance religieuse, qui donne à chacune la possibilité de d'exprimer et de célébrer le sport dans un climat festif. Et du côté du festif, la parade finale a donné la preuve que toutes les filles présentes étaient championnes du monde !
14:39 Publié dans Développement du jeu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

